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    En avril prochain, le Retail Technology Show ouvrira ses portes au sein de l’Olympia de Londres, dans le quartier de West Kensington, pour deux jours de rencontres autour des technologies qui révolutionnent la distribution britannique.

    L’occasion de faire le point sur les tendances les plus en vogue, entre phygital, immersion ou paiements seamless, après plusieurs années de crise sanitaire et de reports successifs de l’événement.

    « La pandémie a profondément structuré et accéléré certaines pratiques dans un écosystème britannique déjà friand de digitalisation » analyse Élodie Guenzi, responsable des Services Innovants pour Business France au Royaume-Uni et en Irlande.

    Cet événement et la Business Expedition de Business France [1], conçue en marge de celui-ci, sont donc l’occasion pour les acteurs français de la RetailTech de reprendre la parole auprès des donneurs d’ordre et de mieux comprendre les besoins de ce marché clé.

     

     

    Le marché européen le plus précurseur de la RetailTech

    retailtech

    Car, par ses innovations et son taux d’adoption digitale, le Royaume-Uni reste une destination-phare pour les fournisseurs de solutions : avec 98% des Britanniques qui utilisent internet et un chiffre d’affaires e­commerce évalué à 134 milliards d’euros (+9% en 2021), le pays est en effet le premier marché européen et le troisième mondial sur le commerce digital.

    Ses résidents dépensent en moyenne 2316 euros par an et par personne sur internet ce qui en font les premiers consommateurs européens sur ce canal.

    Mais, au-delà de l’achat en ligne, le Royaume-Uni dispose également d’un socle retail historiquement développé, autour de grands noms comme Tesco et Sainsbury’s (grande distribution), Boots, Argos et John Lewis & Partners (distribution spécialisée) ou encore Next pour la mode et plus récemment le lifestyle.

    Des enseignes prestigieuses qui hissent le Royaume-Uni au deuxième rang européen de la distribution (derrière l’Allemagne) et qui témoignent quotidiennement de son ADN innovant, résolument multicanal :

    « Quand la pandémie a frappé, ces marques avaient déjà une solide présence online ou mobile et une longueur d’avance en matière de connaissance client, de communication social media ou de fidélisation : en ce sens, même si elles ont souffert de la crise [1], elles ont montré une capacité de réaction bien supérieure à celle observée dans d’autres pays européens », analyse Alexandra Boisson, spécialiste des sujets Retail et E-commerce au sein du bureau Royaume-Uni et Irlande de Business France.

    [1] En 2021, malgré la reprise, les ventes globales du retail physique sont restées inférieures à celles de 2019

     

    Des enseignes en phase de digitalisation avancée

    e-commerce

    Une résilience et un intérêt pour l’innovation qui les conduisent à s’intéresser désormais aux solutions les plus performantes en termes de gestion et de relation client :

    « Avec l’explosion de l’inflation (11% en novembre 2022), les distributeurs recherchent des outils qui leur permettront de piloter leur activité au plus fin, d’interagir de manière ciblée avec leurs clients et d’optimiser leurs ventes, poursuit Alexandra Boisson.

     

    Même si leurs investissements risquent d’être rationalisés, on peut s’attendre à ce qu’ils se tournent vers les logiciels et plateformes de gestion logistique, de performance en ligne ou d’optimisation des coûts par la data et l’intelligence artificielle ».

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    Une FrenchTech bien positionnée 

    Et, sur ces sujets, les acteurs français ont des atouts à faire valoir, comme en témoignent les récents succès de One Stock (optimisation de la gestion des commandes) et Mirakl (création de marketplaces) sur le marché britannique.

    « Ce qui crée un avantage comparatif de l’offre tricolore, analyse Élodie Guenzi, c’est surtout la proximité géographique de ses fournisseurs et le gage de confiance que représentent les nombreuses références déjà obtenues sur le marché français de la grande distribution ».

    Un constat que confirme Cristina Carmona Aliaga, responsable senior des investissements étrangers pour les industries créatives au sein de London & Partners, l’agence de développement économique de Londres.

    growth

    « Nous accompagnons un grand nombre d’entreprises françaises de cet écosystème dans leur implantation londonienne, et ce qui les rend particulièrement attractives, outre leur proximité, c’est qu’elles émanent d’un marché identique en taille, avec des enseignes retail d’envergure internationale ».

    En 2021, son agence a accompagné l’implantation de la licorne française Ankorstore, une marketplace destinée aux commerçants indépendants, et elle poursuit son travail auprès d’autres acteurs spécialisés du retail tech – qu’il s’agisse de marketplaces B2B, de spécialistes en notoriété de marques ou de concepteurs d’expériences immersives de type AR/VR.

    Ce que retient Cristina Carmona Aliaga, c’est une inflexion de ces entreprises dans leur façon de prospecter le marché :

    « Auparavant, les acteurs français avaient tendance à se reposer sur un partenaire local pour relayer leurs solutions ; désormais, ils semblent bien plus enclins à établir une présence pour se rapprocher de l’écosystème britannique, localiser leurs offres et témoigner ainsi de leur engagement auprès de leurs clients ».

    Un marché mature… donc concurrentiel 

    Car la concurrence pèse lourd sur ce marché et d’autres pays se positionnent auprès des donneurs d’ordre :

    « La France est un de nos fournisseurs ­clés mais nous voyons des entreprises très intéressantes nous solliciter depuis l’Amérique du Nord, l’Europe Centrale ou les pays nordiques », témoigne Cristina Carmona Aliaga.

    Mais le vivier le plus directement concurrentiel pour les entreprises françaises reste le « made in UK » qui affiche 400 entreprises au compteur de la Retail Tech et 1,4 milliards d’euros de levées de fonds sur les cinq dernières années (contre 779 millions en France sur la même période).

    MARKET RETAIL

    Rien qu’à Londres, on recensait 21 licornes dans le secteur du commerce digital en 2021 et cinq milliards de dollars de levées de fonds sur la même année (sept milliards à l’échelle du Royaume-Uni).

    « Avec 1200 VC répertoriés, Londres est bien la capitale européenne de l’investissement tech », confirme Cristina Carmona Aliaga.

    D’autant que de grands noms du commerce digital comme Asos, Farfetch ou le système de paiement online Checkout.com servent de locomotives pour tout l’écosystème.

    Ces acteurs développent d’ailleurs des programmes d’innovation et d’accélération pour identifier et soutenir les pépites du secteur – comme Farfetch avec son programme DreamAssembly, ou Asos et son partenariat avec Wayra.

    « Sur ce sujet des programmes d’incubation, les acteurs traditionnels ne sont pas en reste avec des marques comme Marks&Spencer et John Lewis and Partners qui se positionnent également, note Alexandra Boisson.

    Explorer les dernières tendances 

    e-commerce

    Car l’innovation reste un facteur clé de succès pour ces enseignes qui cherchent à explorer les dernières tendances susceptibles de révolutionner l’expérience en ligne ou en magasin.

    « L’omnicanalité et le phygital sont désormais au cœur des préoccupations, confirme Cristina Carmona Aliaga : l’enseigne H&M a par exemple rouvert son magasin sur Regent Street à Londres en mettant en avant le lien entre le magasin physique et l’expérience en ligne via des outils de self-service, de click and collect ou de paiement automatique ».

    L’immersion dans l’univers de marque à travers un avatar est encore une autre piste explorée pour séduire la génération Z, comme en témoignent l’expérience Virtual Wonderland de Charlotte Tilbury ou l’ouverture d’un magasin Selfridges dans le métavers Decentraland.

    Mais ce qui place Londres à l’avant-garde de nombreuses villes européennes en matière de retail est probablement le développement rapide de magasins autonomes, sans caisse et avec paiement automatique, à l’instar de celui d’Amazon Fresh.

    « Londres est un marché-test grandeur nature pour des solutions prospectives, analyse Alexandra Boisson.

     

    C’est pour cette raison que nous souhaitons encourager les entreprises françaises à venir découvrir ces innovations et rencontrer les donneurs d’ordre ».

    Découvrir le marché via la business Expédition d’Avril 2023 

    La Business Expedition Retail et E-Commerce organisée par Business France du 24 au 27 avril mettra en effet au programme la visite de points de vente innovants, dont ces fameux magasins autonomes, ainsi que des séquences de networking avec l’écosystème local, puis une phase d’exposition et des rencontres sur le Retail Technology Show via un Espace France dédié, explique Alexandra Boisson.

    L’occasion pour les entreprises françaises de venir observer de plus près l’adéquation de leur offre aux besoins britanniques.

    Car le Royaume-Uni est un marché qui se gagne uniquement avec une préparation minutieuse et un positionnement prix et qualité différenciant, concurrence oblige.

    « Cela peut faire peur à certaines entreprises mais cela ne doit pas les bloquer car les français ont des outils à faire valoir et de vraies chances de succès, rassure Élodie Guenzi.

    À la clé, il y a du chiffre d’affaires et des parts de marché à aller chercher mais aussi de la visibilité internationale car le Royaume-Uni reste une vitrine pour d’autres marchés, notamment l’Amérique du Nord », conclut Élodie Guenzi.

    Marketplace

    Pour vous inscrire à la Business Expedition Retail et E-Commerce UK : → Cliquez ici

     Vos contacts :

    Alexandra BOISSON : Trade Advisor, RetailTech & E-commerce – Bureau Londres
    alexandra.boisson@businessfrance.fr
    +44 20 81 32 45 94

     Zoe FERMONT : Chef de projet RetailTech – Bureau Paris
    zoe.fermont@businessfrance.fr
    +33 1 40 73 31 98

     

     

     

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