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Du fait de la jeunesse de sa population et d’un taux de chômage élevé, la Tunisie mise sur les nouvelles technologies dans les secteurs du numérique et de la formation professionnelle.

La Tunisie, comme bien d’autres pays francophones, s’intéresse de plus en plus aux solutions proposées par les entreprises tech du secteur de l’éducation et de la formation. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette stratégie : la crise sanitaire ayant accéléré l’utilisation du digitale, la volonté de multiplier les supports de formation, etc. En Côte d’Ivoire, si plus de 90% des formations professionnelles offertes se font en présentiel, les programmes éducatifs sont réformés pour les adapter à l’ère du numérique. Au Sénégal, la formation professionnelle est un levier important de la seconde phase du Plan Sénégal Emergent. De même, au Maroc, la Stratégie nationale de la formation professionnelle 2021 fait partie des axes principaux de la vision stratégique 2015-2030 du Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique.  Tous ces pays, qui seront présents au Sommet de la Francophonie à Djerba en novembre 2021, cherchent à faciliter la formation des étudiants comme celle des chômeurs et des actifs grâce au numérique.

En Tunisie, au printemps 2021, Al Watania educative diffusait ses premiers programmes à destination des élèves préparant le baccalauréat[4]. Le lancement de cette chaîne éducative, diffusée sur le bouquet de la chaîne nationale Watania, illustre les efforts réalisés en Tunisie pour investir dans l’Edtech et démocratiser l’accès à des cours de qualité, dans une période perturbée par la crise sanitaire et la fermeture temporaire des salles de classe.

L’éducation numérique : des projets et des opportunités

Aujourd’hui, la part dévolue à l’Education dans le budget global de l’Etat tunisien représente 12,8 %. Si le numérique n’a pas toujours été l’une des priorités des ministères (ministère de l’Education et ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique), notons tout de même l’ouverture de l’Université virtuelle de Tunis dès 2002. Plusieurs chantiers en cours concernent directement l’éducation numérique : la Stratégie numérique 2021 – 2025, dont un axe est spécifiquement dédié à la formation et à l’éducation ; et l’Ecole Numérique, un espace de ressources pédagogiques conformes aux programmes en vigueur ouvert depuis la rentrée 2011. En parallèle, Orange a mis en place le projet « Ecoles Numériques » dont l’objectif est de mettre gratuitement à disposition des élèves du primaire et du secondaire des contenus éducatifs sous forme de kit numérique (2 serveurs Raspberry Pi et 50 tablettes). En mai 2021, on compte 130 écoles équipées pour plus de 38 000 élèves bénéficiaires.​

Les établissements privés investissent davantage dans les technologies de l’éducation numérique, notamment parce qu’elles disposent plus facilement de fonds. Sur les 6 851 établissements scolaires présents en Tunisie, on recense ainsi 6 076 établissements du secteur public contre 775 pour le secteur privé. Pour le supérieur, la part d’établissements privés augmente : en 2017 – 2018, la Tunisie comptait 203 établissements d’enseignement supérieur public et 72 établissements d’enseignement supérieur privé. La majorité des établissements a ainsi accès aux bases documentaires du CNUDST (Centre National Universitaire de Documentation Scientifique et Technique) qui donne accès aux ressources électroniques telles que Cairn, Dalloz, Oxford University Press, etc.

 

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La formation professionnelle : une volonté de former les jeunes diplômés et les chômeurs

D’un autre côté, les formations en ligne s’adressant particulièrement aux jeunes diplômés et aux chômeurs sont fortement demandées. Avec un taux de chômage de 17,8 % au premier trimestre 2021, montant à 40,8 % pour les jeunes, la Tunisie souhaite renforcer la formation les chômeurs afin de les réorienter sur le marché du travail. En 2018, le territoire tunisien comptait ainsi 200 centres de formation professionnelle publics et 200 centres privés. De même, notons le chiffre encourageant concernant l’augmentation de 60 % du budget de la caisse de promotion de la formation professionnelle entre 2018 et 2019.

Le ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi cherche à accroître le taux d’insertion des diplômés de la formation professionnelle sur le marché de l’emploi à travers 3 grands dossiers : la réforme du dispositif national de formation, la stratégie nationale pour l’emploi et la stratégie nationale de l’entrepreneuriat. Le Ministère s’appuie notamment sur l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail Indépendant (ANETI).​ En parallèle de nouveaux  partenariats public-privé se montent, comme le programme « Formation et intégration professionnelle des jeunes » mené par Swisscontact-Tunisie qui a formé 5 234 jeunes entre 2013 et 2021.

La crise sanitaire a renforcé le besoin de former à distance plutôt qu’en présentiel. Des projets sont nés, directement issus de cette crise. Le ministère du Tourisme a ainsi lancé en février 2021 un plan de formation des employés du tourisme au chômage technique (objectif de 1250 employés formés)​. Le programme IRADA (Initiative régionale d’appui au développement économique durable), financé par l’Union Européenne, soutient la formation professionnelle et finance des projets dans huit gouvernorats.

Notons enfin le fonctionnement particulier des institutions publiques régissant la formation professionnelle en Tunisie. L’ATFP (Agence tunisienne de la Formation professionnelle) est le principal opérateur national de formation professionnelle. Elle assure une tutelle pédagogique sur l’ensemble des intervenants publics dans le domaine de la formation professionnelle et délivre les autorisations aux organismes privés prestataires de formation. L’Observatoire National de l’Emploi et des Qualifications (ONEQ) définit les forces et les faiblesses de la formation professionnelle en Tunisie.​ Le Centre National de Formation de Formateurs et d’Ingénierie de Formation (CENAFFIF), quant à lui, produit les outils et moyens pédagogiques et didactiques nécessaires à la bonne application des programmes de formation.

Education numérique et formation professionnelle : un marché ouvert

Il existe quelques entreprises tunisiennes œuvrant dans le secteur des Edtech. CDCP Digital learning accompagne les institutions dans la création de formations digitales. Estiféda, fondatrice de Monprof.tn, est une Edtech produisant du contenu pédagogique. GOMYCODE, start-up tunisienne maintenant implantée dans plusieurs pays africains et en France, forme des étudiants aux technologies les plus récentes (Web, Design, Data…) afin d’augmenter leur chance d’entrer sur le marché du travail. Le marché n’est pour autant pas saturé et les Edtechs françaises ont de nombreux atouts à faire valoir, notamment l’utilisation de la langue française et la reconnaissance du savoir-faire français, particulièrement sur certains types de formation (IT, hôtellerie, restauration…).

Le Sommet de la Francophonie à Djerba : un événement Edtech à ne pas manquer

Le Sommet de la Francophonie, qui se tient tous les deux ans, aura lieu fin novembre 2021 à Djerba. Cet événement mondial réunira 88 Etats et gouvernements autour du thème « Connectivité dans la diversité : le numérique, vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone ». A cette occasion, Business France organise en lien avec son partenaire FIPA et les équipes de l’Ambassade de France en Tunisie, un événement BtB qui vous permettra de développer votre carnet d’adresses et de rencontrer de potentiels clients, notamment lors du séminaire « Edtech, solutions pour la formation et l’éducation francophone » le 19 novembre

Au programme :

  • Table ronde de partage d’expériences des pays partenaires avec des experts institutionnels et les fédérations spécialisées
  • Courtes présentations des meilleures solutions EdTech 2021 sous forme de concours. Les entreprises membres des pays francophones, retenues pour ces présentations seront sélectionnées et validées par un jury international en amont du forum (12 présentations maximum)
  • Cocktail « EdTech Francophone » de networking rassemblant les entreprises avec invitation des pays et des délégations
  • Rencontre avec des bailleurs de fonds
  • Rendez-vous B2B
  • Participation au Forum Economique Francophone du Sommet

 

Site d’informations et d’inscription : https://extranet-btob.businessfrance.fr/prg-29368

Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter :

Walid BEN ABDELOUAHED
walid.benabdelouahed@businessfrance.fr
+33 1 73 07 22 07

Julien COQUET
julien.coquet@businessfrance.fr
+33 1 73 07 21 03

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