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Malgré la crise, le marché américain conserve de nombreux attraits pour la Tech française et il est toujours possible de s’y attaquer.

Les Etats Unis viennent d’engager le déconfinement dans de nombreux Etats mais les restrictions sur les voyages et les visas ne sont pas encore levées et pourraient même s’accentuer dans les prochains mois. Le taux de chômage et la perspective des élections présidentielles en novembre vont surement donner lieu à de nouvelles mesures à l’encontre de l’immigration, pour protéger les travailleurs américains.
Dans le même temps, on peut parier que la reprise économique sera plus forte aux Etats-Unis qu’en Europe, comme ce fut le cas après 2008. Pour la Tech en particulier, le marché américain reste une place forte et incontournable. Que ce soit pour concrétiser des actions engagées avant la crise, ou pour ne pas laisser passer les opportunités qui pourraient s’y présenter, voici quelques conseils pour préparer son implantation aux Etats-Unis.

L’anticipation : un critère de réussite

Coronavirus ou pas, venir s’installer aux Etats Unis s’anticipe 6 à 12 mois à l’avance. Il n’est donc jamais trop tôt pour se préparer et démarrer les démarches. Il y a bien sur l’étude de marché à valider, la stratégie à définir et les premiers contacts à établir mais une fois la décision prise, il faut compter au moins 3 mois (en temps normal) pour obtenir un visa et venir s’installer. A l’heure actuelle, compte tenu de la fermeture des ambassades, et des dossiers de visas qui s’empilent sur les bureaux il faut s’attendre à ce que ce délai se rallonge lors de la reprise.
Il est aussi probable que les conditions de délivrance des visas soient renforcées et que les dossiers soient davantage contrôlés, notamment sur la capacité de la société à créer des emplois locaux. Parmi les critères à remplir actuellement, il faut avoir déjà immatriculé sa filiale (incorporation), avoir ouvert et suffisamment approvisionné son compte bancaire, mais également justifier des premières dépenses engagées pour lancer les opérations aux US (bureaux, marketing, honoraires…). Dans certains cas, avoir signé ses premiers clients et avoir embauché son 1er salarié américain peuvent aussi être des critères importants.
Autant dire que la demande de visa est plus un aboutissement qu’un point de départ. Les Etats-Unis vous intéressent ? Mettez toutes les chances de votre côté et ne tardez pas pour commencer les démarches.

Un process 100% en ligne

Pour mener à bien les formalités juridiques, comptables et administratives, nul besoin de venir sur place. Il est possible de réaliser toutes les démarches de création de sa filiale US depuis la France avec l’aide d’un partenaire local. Que ce soit l’incorporation de la société (au Delaware le plus souvent, pour des raisons juridiques et fiscales), l’ouverture d’un compte bancaire (à condition de bien choisir sa banque), la mise en place de la paye, la facturation clients, les déclarations fiscales… toutes ces démarches sont désormais 100% réalisable en ligne.
De plus, la culture du remote et des services à distance est déjà bien présente aux Etats-Unis. La taille du pays (6h de vol entre NYC et San Francisco) et les différences de fuseaux horaires (jusqu’à 6h décalage horaire entre Hawaii et NYC) ont forcé les entreprises à adopter rapidement la culture du télétravail. En particulier chez les startups américaines dont les bureaux n’accueillent qu’une partie des effectifs. Beaucoup de salariés travaillent depuis chez eux et des 4 coins du pays. Avec le bon prestataire de paye et d’assurance, cette organisation est à la portée de n’importe quelle structure.

L’ouverture d’une filiale US est conseillée, mais pas indispensable pour démarrer

La création d’une filiale est la voie à suivre si on bénéficie d’une bonne traction commerciale et si on a l’ambition de venir s’installer sur place (on privilégiera alors la venue d’un des fondateurs).
Avoir une structure locale donne de la crédibilité au projet US de votre entreprise et permet de réellement démarrer les opérations. Cela permet notamment de :

  • Embaucher et attirer des salariés en leur offrant tous les avantages nécessaires
  • Se faire référencer plus facilement chez ses clients et fournisseurs
  • Souscrire des assurances et localiser les contrats sur la filiale, ce qui évite que la société française se retrouve mise en cause directement en cas de litige

Cependant, dans l’optique de tester le marché, il est possible de commencer par du flying business sous l’étendard de votre société française. L’idée est de découvrir et comprendre le marché, créer ses premiers contacts, prospecter, voir même signer son ou ses premiers clients en se rendant au Etats-Unis manière régulière (1 ou 2 fois par mois). Cette méthode permet d’effectuer ses premiers pas à moindre coût mais ne vous méprenez pas : les voyages incessants sont fatiguant et votre présence sur le sol américain (aussi régulière soit-elle) n’aura jamais le même effet d’engagement auprès d’un prospect que si vous avez ouverts vos bureaux aux Etats-Unis. Dans le contexte actuel, le flying business présente l’avantage de limiter les couts de structure et de centraliser la facturation client. Cette approche est bien adaptée aux business B2B, notamment pour les éditeurs de logiciels SaaS.
Attention toutefois à bien se référencer auprès de ses clients pour éviter une potentielle retenue à la source lors du paiement, il faudra ainsi fournir un formulaire W8-BEN-E attestant de la résidence fiscale française de la société.
Ainsi, si la crise du COVID rend temporairement impossible tout déplacement physique aux US, il est tout à fait envisageable et même fortement conseillé d’entamer les démarches administratives à distance, en amont de votre venue !

Alors, plus une minute à perdre !

Peaufinez votre stratégie, entamer vos démarches en ligne, and we hope to see you soon in the US!

 

Pour en savoir plus sur l’implantation aux Etats Unis, vous pouvez contacter Business France et Lisan Finance, co-rédacteurs de cet article.

Contacts :
Baptiste Laffond — Lisan Finance : contact@lisanfinance.com
Paul Bonifacio — Business France (USA) : paul.bonifacio@businessfrance.fr

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