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WebSummit, Super Hub, Deeptech… Réflexion sur les enjeux tech d’aujourd’hui auxquels les startups vont devoir faire face et les questions à se poser.

 

French rime avec tech

Lors du WebSummit 2019 (WES, Lisbonne, octobre 2019), grand rendez-vous des jeunes startups internationales où sont abordés à haut niveau tous les sujets d’actualité de la génération Z, une session exclusive a rapproché les organismes privés et publics dédiés à l’accélération de leurs pépites nationales. Il s’agit d’un moment privilégié de dialogue entre professionnels, venus de tous les continents, pour «dynamiser» les écosystèmes et mieux accompagner les talents dirigeants. Force est d’avouer que les défis sont partagés, les recettes bien connues, et que la concurrence peut amener à dessiner des alliances impromptues ou choisies.

Le premier constat est que l’image de l’esprit entrepreneur français en matière de Tech est reconnu. Export et attractivité sont intimement liés. Toute proportion gardée, French rime toujours avec Tech. Certains acteurs peuvent nous envier, et les plus sensibles sont heureux de nous voir partager cet enthousiasme.

Eureka !

Si le marché de la tech reste formidablement porteur, il est de plus en plus densément peuplé, et de plus en plus exigeant. Des ruptures technologiques restent mal perçues. L’économie de la donnée est, elle, de mieux en mieux appréhendée : Eureka ! La concurrence n’en sera pourtant que plus rude. Accompagner à l’international les startups Tech est plus que jamais un métier, une profession de foi, où il devient nécessaire d’avoir une vision globalisée, et parfois globalisante, pour favoriser les champions de demain. L’équation Vitesse de réaction et Réseau est un avantage crucial.  Naturellement, l’effet de levier sera proportionnel à l’importance du saut technologique (deeptech) et à la facilité d’adoption à grande échelle (time to market ; choix précurseur de décideurs). Cela ne veut pas forcément dire que les grandes applications/plateformes BtoC ne peuvent pas être défiées par de nouvelles exigences citoyennes ou des réglementations ambitieuses (RGPD, cloud souverains, cybersécurité…) qui sauraient épouser des technologies cœurs (IA, 5G, IoT, blockchain, Telecom satellitaire, quantique…) au bénéfice permanent des utilisateurs finaux. Grâce à la maturité de son système de protection de propriété intellectuelle, le marché européen est une chance unique. Le « numérique » peut encore nous jouer des tours.  

Les startups sauveront-elles le monde ?

Parmi toutes les problématiques abordées lors du WES, deux ont été mises en exergue : la diversité et l’avenir des Super Hub. Une promesse a été lancée : les startups sauveront-elles le monde ?

Pour les équipes de Business France, il est facile de se projeter dans ces problématiques : une quarantaine de programmes d’accélération à travers le monde pour 2020, et des équipes Tech multiculturelles, vivant localement les innovations. Les réseaux sociaux ne sont pas tout, et mènent parfois à des voies sans issue lorsqu’ils sont (de plus en plus) corrompus. Les entreprises s’en protègent. In fine, il est possible que cette hyper-connexion nous amène de plus en plus à renouer vers des partenariats d’affaires ancrés et nourris par des situations de proximité. En matière d’affaires, les promesses des réseaux sociaux risquent de devenir de plus en plus illusoires, et source de méfiance. Place aux réseaux capables de qualifier de bout en bout, et de façon autonome et recoupée, l’opportunité concrète saisissable tout de suite par la startup.

« La startup restera un lieu frais, accessible, à taille humaine, où l’on se dépasse »

La diversité est apparue comme un enjeu fondamental et partagé. L’écosystème startups offre sans doute un laboratoire privilégié, souvent solidaire, où chacun reconnait dans ses difficultés celles des autres. Pour beaucoup de jeunes entrepreneurs en herbe, la startup restera un lieu frais, accessible, à taille humaine, où l’on se dépasse. Oasis même de nouveaux business model, où l’on jubile à se révéler talent. Plus proche que Lisbonne, les Demo Day parisiens du Wagon (tous les trois mois) sont constellés de paires d’yeux scintillants !  Dans une autre dimension, invitons-nous à découvrir une nouvelle génération de « Système D » (Les halles civiques), qui promet de devenir l’incubateur d’intérêt citoyen de démocratie ouverte.

Quel avenir pour les SuperHubs ?

Plus technique, le sujet de l’avenir des Super Hubs ? Vous avez certainement des exemples en tête, et évidemment on souhaiterait tous que cela fonctionne ! Quelques pistes ont été proposées : créer des galaxies de lieux autour du Hub principal, tournées autour d’enjeux géographiques export, spécialisé autour d’une grande technologie ou sous technologies. Avec des enjeux plus sociaux : s’affranchir des contraintes de prix de logements. Développer de nouveaux services bienveillants, penser moins « immobilier » et davantage économie cyclique. A ne pas perdre de vue, l’ex-cubation (voir l’incubateur de Drahi-Polytechnique) qui pourrait faire l’objet d’une nouvelle démarche export, où l’équipe « startup & corporate » se retrouve en couple pour pitcher à l’étranger leur projet.

Enfin, à la question « les startups sauveront-elles le monde ? », tout le monde a eu envie de répondre que oui, le sourire aux lèvres, devant toutes les anxiétés énumérées : environnement, ressources limitées, éducation, mobilités sociales, inégalités sociales…Plus qu’accélérer les startups, ne s’agit-il pas in fine de partager des vecteurs pour favoriser le progrès, en emmenant les personnalités qui vont avec ?

Thomas Vial – French Startups International Accelerator

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