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Le panorama économique italien est caractérisé par le peu de grands groupes industriels et la présence affirmée sur l’échelle internationale de sociétés de dimension moyenne, les fameuses PME familiales. Ces acteurs, surtout spécialisés sur les secteurs du Made in Italy, sont naturellement très orientés vers l’innovation technologique et organisationnelle et ont ainsi vite compris les bénéfices que peut apporter une bonne stratégie d’Open Innovation. Revenons ensemble sur le parcours d’un pays qui a l’innovation dans le sang !

Alors que toute l’Italie s’apprête à fêter dignement, le 2 mai prochain, les 500 ans de la mort de Leonardo Da Vinci, maître de l’innovation par excellence, il est intéressant de voir comment le pays entier a fait de la créativité et de l’esprit entrepreneurial, qualités intrinsèques de son peuple, les bases fondamentales de son système économique.

De la Renaissance aux districts industriels : un peuple d’innovateurs nés

Berceau incontesté de la Renaissance, c’est déjà d’Italie, on le sait, qu’est partie la vague d’innovation et progrès techniques dans de multiples domaines, qui a ensuite déferlée dans l’Europe toute entière.

Bien des années plus tard, à la fin des années 70, c’est en Italie encore que sont nés et prospèrent les districts industriels, ces pôles d’excellence ultraspécialisés et à la pointe de l’innovation qui ont représentés un véritable modèle de succès, à une époque où la mondialisation faisait peur. Cette organisation a été longtemps admirée, finement étudiée et que l’Etat français a même tenté de répliquer, lorsqu’il choisit de mettre en place le réseau de pôles de compétitivité en France. Différence abyssale : les districts sont nés spontanément et repose sur une collaboration « naturelle » entre acteurs d’une même filière. 

Les PME italiennes, pionnières de l’Open Innovation ?

Rappelons-le, l’économie de l’Italie repose principalement sur les PME et se caractérise par un tissu entrepreneurial dynamique et particulièrement dense (6 millions d’entreprises contre 3,82 en France). 95% de ces entreprises sont des microentreprises qui comptent moins de 10 salariés. Le tissu économique se distingue par un important capitalisme familial complété par un très large réseau de PME et ETI, véritables porte-drapeaux du savoir-faire italien. Nombre de ces entreprises ont fait depuis longtemps le choix de se regrouper pour former ces districts industriels, particulièrement attentives au progrès technique, et à une production sur-mesure.

De fait, les entreprises qui font partie de ces districts, les fameuses PME italiennes souvent familiales, ont mis en place des formes de coopération extrêmement poussées, en mesure de transférer le savoir-faire via des systèmes de knowledge sharing évolués. On remarque aujourd’hui que ces notions de technology transfer et absorptive capacity sont à la base du paradigme actuel de l’open innovation.

Les entreprises italiennes sont habituées à pratiquer des formes d’innovation ouvertes, à l’intérieur de territoires géographiques délimités et filières sectorielles spécifiques, anticipant, de façon inconsciente et informelle, le phénomène actuel de l’Open Innovation.

Aujourd’hui, le Made in Italy se trouve en pleine transformation digitale

Si le secteur industriel a bien évidemment subi de plein fouet la crise, l’agilité et l’attention à la qualité et l’innovation portée depuis toujours par les PME italiennes a permis à l’Italie de garder une position de première importance sur la scène mondiale, notamment dans les secteurs forts de l’économie italienne. Ainsi aujourd’hui encore, l’Italie compte 153 districts industriels dont plus de 92% opèrent dans les secteurs forts du “Made in Italy” (mécanique, textile et habillement, design et ameublement, cuir/maroquinerie/chaussures), qui fondent leur réputation mondiale sur la qualité et l’innovation.

 En plus de ces clusters traditionnels qui gardent leur place de premier plan au niveau mondial, la révolution digitale a poussé à la création de nouveaux écosystèmes, parfois d’ailleurs en lieu et place des sociétés en difficulté. Par exemple à Lomazzo, entre Milan et Côme, une usine de coton a été transformée en un parc technologique de renom, Comonext. Dans les années 60, un millier d’ouvrier environ travaillait dans l’usine. A neuf ans de l’inauguration de l’incubateur, ce sont déjà plus de 650 personnes, de spécialistes en graphène, biomatériaux, à experts en technologies de l’information et de la communication qui sont rattachées aux 150 entreprises – dont un tiers sont des startups- hébergées sur ce site.

Dans l’ADN des Italiens et du tissu économique du pays, l’innovation est historiquement et naturellement Open. Les entreprises italiennes ont compris qu’elles n’ont pas la capacité de mener seules leur processus d’innovation digitale, exactement de la même manière qu’elles ne se voyaient pas à affronter seules les conséquences de la mondialisation. Ainsi, innovation hub, centres de compétences, incubateurs et accélérateurs fleurissent de toute part, et une entreprise italienne sur trois a déjà engagé des collaborations actives avec (au moins) une startup, chiffre qui est bien évidemment en constante augmentation.

 

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