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L’Afrique sera l’une des zones mises à l’honneur à l’occasion du Mobile World Congress 2018 (Barcelone – 25 au 28/02), plus gros salon mondial de l’industrie du mobile, sur laquelle Business France accompagne la délégation French Tech.

En attendant de rencontrer certains des représentants de la région (experts tech de Côte d’Ivoire, d’Algérie et d’Afrique du Sud) sur le salon, nous vous proposons ce focus spécial Télécoms en Afrique, secteur clé de la révolution technologique d’un continent de plus en plus convoité par les entreprises d’Europe et en dehors de l’Europe.

 

54 pays : un même défi

 

Le continent africain, composé de ses 54 pays, est un patchwork de situations économiques, politiques, culturelles et de traditions différentes. Ils ont en commun des défis à relever : inégalités d’accès à des services basiques comme la santé ou l’éducation, manque d’infrastructures et chômage.

Ces dernières années, pour faire face à ces challenges, ces Etats se sont munis d’un outil tout puissant : la connectivité mobile.

 

La connectivité mobile

Elle favorise l’accès numérique à des services jusqu’alors réservés aux privilégiés : services bancaires et financiers, éducation, formation, santé, prévisions météorologiques… Les applications sont nombreuses et contribuent à l’augmentation du niveau de vie des populations africaines.

L’adoption massive du mobile a favorisé l’intégration des échanges et l’innovation. Et les start-ups africaines innovent. En témoigne le montant des levées de fonds, ayant augmenté de 53% entre 2016 et 2017, entrainées notamment par le dynamisme de l’écosystème start-up sud-africain. L’Afrique du Sud arrive grand premier du classement avec un montant levé de 167,9 M de dollars soit près de 30% des financements pour 2017. Sortent du lot également Kenya, Nigéria, Rwanda, Egypte, Sénégal, Maroc et Tunisie. Cette hausse des investissements est à mettre en particulier au bénéfice des fintechs (+70%) et insurtech (+470%) proposant des solutions innovantes en termes d’inclusion bancaire, financière et assurantielle.

Outre l’exemple du mobile banking, d’autres secteurs sont sources d’opportunités. Le commerce digital, par exemple, est aujourd’hui un créneau de plus en plus rémunérateur, même pour les pays encore massivement utilisateurs de cash. En termes de ventes en ligne en Afrique, trois des plus grandes économies tirent leur épingle du jeu :

♦ Le Nigéria compte le plus grand nombre de sites de e-commerce et rassemble 40% des entreprises de ce secteur (Konga, ou encore Jumia). Et ce, alors même que le taux de pénétration d’internet est de 48% à travers le pays.

♦ Le Kenya, terre d’origine du plus grand fournisseur de mobile money M-Pesa, a un taux de pénétration internet avoisinant les 80% et des acteurs de e-commerce bien implantés comme la plateforme Kilimall. La possibilité de paiements sécurisés favorise grandement les achats en ligne.

♦ L’Afrique du Sud, avec des acteurs comme Takealot, détenu par le géant Naspers ou encore Zando, lancé par le fonds allemand Rocket Internet.

Autre vecteur de croissance : l’éducation. Snapplify est une start-up sud-africaine, proposant une large gamme de livres dans une bibliothèque numérique. En 2018, l’entreprise de e-learning annonce un partenariat avec Econet, géant panafricain des télécom, lui permettant de proposer ses services au Zimbabwe, Zambie, Malawi, Botswana, Lesotho, Ghana et Ouganda. En outre, la start-up dispose de bureaux à Nairobi, à Amsterdam et aux Etats-Unis.

Ces solutions s’appuient sur une variable sûre, en croissance : le nombre d’abonnés mobiles uniques, de l’ordre de 50% à travers le continent est en constante augmentation. En ce qui concerne les appareils mobiles, les prévisions sont également sans appel : 690 millions de smartphones en Afrique sub-saharienne d’ici 2025, 304 millions pour l’Afrique du l’Ouest. Au total, on estime que 70% de la population africaine disposera d’un smartphone en 2025.

L’Afrique est, entre autres, relié à un réseau de câbles sous-marins permettant une augmentation du trafic avec les Etats Unis, l’Europe et l’Asie ainsi que le déploiement massif de la fibre optique. Liquid Telecom a déployé le plus grand réseau fibre indépendant du continent, avec 70 000 kms de fibre reliant 600 villes dans 13 pays. L’entreprise panafricaine vient également de finaliser la première liaison terrestre directe en fibre optique reliant la ville du Cap au Caire.

Au total, l’industrie télécom mobile représente aujourd’hui 7% du PIB africain contre 3% du PIB européen.
Certaines entreprises françaises l’ont bien compris et font du marché africain une priorité.

 

Témoignage

Kapptivate est une startup créée en 2014 sur fonds propres avec une croissance de 50% chaque année. Elle a pour projet d’ouvrir deux antennes en Afrique pour être au plus proche de ses clients.
Julien SABATIER, fondateur et CEO, témoigne :

« Kapptivate a très tôt été séduit par le caractère innovant du continent Africain.  L’innovation y est très présente et en rupture par rapport à nos usages. Qui aurait pensé à l’époque du Nokia 3310 proposer un porte-monnaie électronique permettant des transferts d’argent et le paiement de services ? Là où l’Europe développe ses innovations sur les dernières technologies, l’Afrique crée ses nouveaux usages sur des technologies déjà établies.

Kapptivate s’est spécialisée il y a 5 ans dans la validation et supervision de services mobiles critiques et en particulier des services mobiles financiers. L’Afrique est donc notre priorité absolue. 

Loin du marché unique, adresser l’Afrique est compliqué par sa très grande diversité culturelle qu’il faut approcher à travers ses 54 pays. Business France est donc devenu notre partenaire principal en nous permettant de participer à des salons importants, d’avoir une présence locale grâce aux VIE et d’être accompagné lors de missions de prospection. »

 

Et vous, start-ups et PME françaises, avez-vous pensé à l’Afrique ?

→ Pour en savoir plus sur l’accompagnement de Business France en Afrique pour les entreprises de la tech : Innocent N’Dry, innocent.ndry@businessfrance.fr – Business France Côte d’Ivoire et référent Tech Afrique
→ Pour en savoir plus sur l’accompagnement à l’international de Business France pour les entreprises des télécoms : Caroline Ginoux – caroline.ginoux@businessfrance.fr – Business France Paris

 

 

Vous êtes une entreprise française et souhaitez discuter de votre développement international ? Un conseiller dédié dans votre région et expert de votre secteur vous recontactera dans les plus brefs délais :

 

 

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