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Corée / Japon, une course pour la Fintech

Corée / Japon, une course pour la Fintech

COREE

Un secteur stratégique pour le pays

Selon EY, le taux d’adoption des fintechs en Corée du Sud se trouve au niveau de la moyenne mondiale atteignant 33% (la France étant à 27%), conséquence directe de la décision du gouvernement coréen prise en novembre 2017 de faire de la dynamisation du secteur fintech l’un des 8 enjeux majeurs pour la croissance du pays. Pour atteindre cet objectif, la Financial Services Commission (FSC) coréenne mène une réforme massive basée sur l’allègement réglementaire et le soutien financier. Ainsi, le secteur bancaire traditionnellement peu enclin au changement a vu un vent d’innovation venir bouleverser l’écosystème ces dernières années : entre l’autorisation des banques en ligne, l’intérêt pour la technologie blockchain, le boom des crypto-monnaies et le fort soutien gouvernemental pour le développement des start-up fintech, les opportunités sont nombreuses. On peut ajouter également que le développement de ce secteur est une réponse à l’excellence coréenne en matière de taux de pénétration de smartphones (1er au monde) et d’infrastructures télécom.

Une hausse sensible du nombre d’entreprises

Une enquête réalisée par le fintech Forum montre que la taille moyenne d’une société fintech coréenne est de 10-49 employés (soit 50% du total), 5-9 employées représente 30% et 50 – 500 représente 20%. En 2017, on comptait 223 sociétés dans la fintech, ce chiffre s’élevant à 290 et si on y ajoute les entreprises travaillant sur la sécurité/authentification (la RegTech).

Le gouvernement coréen souhaite positionner le pays comme un centre pour les sociétés technologiques, ce qui inclut une enveloppe de 230 M USD pour favoriser le développement de start-up fintech. Il y a à ce jour plus de 223 sociétés fintech en Corée qui pour la plupart ont bénéficié d’aides du gouvernement ou d’investissements privés. Plus de 100 M USD ont ainsi été levé en 2016 par les start-up du secteur (contre seulement 10 M USD en 2014).

La Financial Services Commission (FSC) a créé le Korea Fintech Centre pour connecter les start-up du secteur avec les institutions financières et les investisseurs. La Corée a ainsi pu être pionnière en Asie sur la certification de banque uniquement en ligne, ce qui a ouvert la voie à Kakao Bank, la banque online de l’application de messagerie instantanée Kakao : 1 M d’utilisateurs en 5 jours seulement se sont inscrits à l’ouverture pendant que sur sa 1ère année K Bank (l’autre banque online locale, consortium dirigé par KT) a enregistré plus de 700 000 clients et 940 M USD de dépôts.

La Corée compte un large nombre d’entreprises sur des sous-secteurs fintech comme les services de paiement, prêts et investissements en peer-to-peer et la gestion d’actifs via le big data. Le pays a ainsi développé une vraie expertise dans les services en paiement électroniques poussés par des géants des TIC et les institutions financières qui se sont mis en consortium pour proposer des services sur-mesure et répondant aux spécificités locales.

Investissements importants en blockchain

La blockchain est sans contestation le sous-secteur fintech le plus dynamique actuellement en Corée : les principales sociétés SI, telles que Samsung SDS, SK Corp., C&C et LG CNS développent actuellement des technologies basées sur la blockchain. Naver et Kakao construisent également des plateformes de blockchain à travers leurs filiales.

En parallèle, des accélérateurs spécialisés uniquement sur les startup blockchain sont apparus récemment tels que Hashed, FoundationX, Chain Partners, Incublock.

Samsung SDS travaille avec une start-up locale et une entreprise de sécurité britannique pour des opérations par cartes bancaires alimentées sous technologie blockchain, le but étant qu’à terme tout le groupe passe en full-blockchain. Par ailleurs le groupe a déjà rejoint la « Enterprise Ethereum Alliance » en mars. En mai il s’est associé au gouvernement pour une initiative de logistique tournant sous blockchain (pour Hyundai Merchant Marine). LG CNS a lancé de son côté sa plateforme tournant sous Corda en juillet 2017.

SK Telecom va créer sa propre « plateforme blockchain », qui offre des services de négociation de produits de base et d’auto certification. Il s’agit d’une stratégie visant à créer un « écosystème de paiement » qui permettra la création et l’échange de cryptomonnaies.

Les assureurs et entreprises de santé se sont unis sur des initiatives blockchain : Kyobo Life a passé un accord avec les plus grands hôpitaux de Séoul sur des projets pilotes utilisant les données des patients fournies par le ministère de la santé.

L’éducation : l’Université Sogang à Séoul autorise ses étudiants à payer leur scolarité, utiliser les équipements ou même faire des prêts entre étudiants en utilisant la technologie blockchain.

Enfin la Corée est une destination prioritaire pour toute entreprise en phase d’ICO : la plupart des entreprises étrangère viennent lancer ou faire la promotion de leur Initial Coin Offering en Corée. La raison est simple : à fin 2017 les Coréens étaient responsables d’un tiers des transactions mondiales en bitcoins et 17% des transactions mondiales en ethereum !

Fort de cette dynamique, le bureau Business France de Séoul a déjà accompagné 3 entreprises françaises en phase d’ICO permettant ainsi d’établir un réseau large avec la communauté blockchain/crypto du pays. Pour plus d’information n’hésitez pas à contacter notre expert local : nicolas.audibert@businessfrance.fr

JAPON

Le Japon et la Fintech

Le Japon est un pays de contrastes, d’un côté il veut être perçu comme le pays asiatique à la pointe de l’innovation technologique, précurseur en Asie des crypto-monnaies, et, d’un autre côté, il n’a été classé que sixième sur l’indice d’innovation de Bloomberg cette année. Pourquoi ? Principalement à cause de son secteur Fintech qui, en dehors des crypto-monnaies, reste assez proche des pays voisins, et donc moins compétitif. Mais l’une des conséquences de cette situation a été de générer un intérêt croissant du gouvernement pour l’essor du secteur de la Fintech.

Les Japonais sont peu enclins à utiliser des services Fintech dans la vie de tous les jours. Selon une étude réalisée par la « Financial Service Agency, Bank of Japan », la volonté d’utiliser les services Fintech dans des services d’investissement personnel ou des services de gestion d’actifs personnels n’était que de 27% au Japon contre 46% en Amérique du Nord, de même pour la volonté d’utilisation de technologies Fintech dans les services de prêt personnel situé à 23% contre 47% pour l’Amérique du Nord. Mais cette situation est en train d’évoluer à la hausse, notamment grâce à la percée des smartphones (71,8% en 2016 selon les dernier chiffres officiels du gouvernement). Nous sommes donc en présence d’un marché encore jeune mais qui est prêt à croître très rapidement dans le secteur de la Fintech.

La fintech au Japon

(Crédit : Spetembre 2017 Marilla Assis Brelte)

Le gouvernement et la Fintech

Concernant le gouvernement, celui-ci souhaite en effet augmenter le nombre d’utilisateurs ainsi que le nombre de compagnies gravitant autour de la Fintech.

Pour cela, la mairie de Tokyo n’hésite pas à aider les start-up travaillant dans ce domaine, qu’elles soit nippones ou étrangères. Par exemple nous pouvons noter le « Fintech Business Camp » qui a lieu chaque année entre octobre et novembre. Ce programme d’accélération organisé par la mairie de Tokyo s’adresse particulièrement aux start-up étrangères et a pour objectif d’attirer ces entreprises sur le sol japonais. L’an dernier, c’est la start-up française « Shift Technologie » dont la mission est de combattre la fraude via l’intelligence artificielle, qui a été l’une des sociétés retenues pour ce programme.

Fin septembre un salon international, « le Fintech Summit (ou Finsum) », aura lieu au Japon et regroupera les dernières innovations dans ce secteur.

Le savoir-faire Fintech français est un vrai atout pour pénétrer le marché japonais et de nombreuses sociétés françaises ont déjà développé des affaires dans ce secteur. Les banques et assurances japonaises sont particulièrement intéressées par les technologies Fintech et les blockchains.

Le Japon et les crypto-monnaies

Les Japonais sont généralement friands des monnaies virtuelles. Depuis le 1er avril 2017, il est tout à fait légal d’acheter et d’utiliser les crypto-monnaies au Japon. Certaines grandes enseignes, telles que Bic Camera, permettent déjà de payer en bitcoin. Encore une fois un vrai contraste avec l’utilisation de la Fintech par les Japonais, comme mentionné plus haut. Le Japon entretient une relation privilégiée avec les crypto-monnaies : d’une part parce que le créateur du bitcoin, même s’il est impossible de savoir précisément qui se cache derrière ce nom, semble americano-japonais, et porte le pseudonyme de M. Satoshi Nakamoto, mais surtout, parce que la réglementation y est très favorable et les taux d’intérêt très bas. Les crypto-monnaies sont ainsi fortement plébiscitées par les Japonais.

Pour information, le Japon, en la personne de M. Watanabe (pseudonyme), a créé sa propre monnaie virtuelle, le « MonaCoin », en Janvier 2014. Le MonaCoin est un fork (une variante) de la crypto-monnaie Litecoin.

Enfin Tokyo se rêve de devenir « La » capitale des crypto-monnaies.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à contacter notre expert local : kaoruko.hayashi@businessfrance.fr

Auteur : Admin publié le September 07,2018
Catégorie: FinTech

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